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PME et numérique, une confiance encore peu structurée

Le Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026, relayé par France Num, décrit des PME françaises plutôt confiantes face au numérique, mais encore peu organisées sur plusieurs sujets. Stratégie, IA, cybersécurité, cloud et facturation électronique apparaissent comme les points de tension.

France Num a présenté, le 2 juillet 2026, les résultats du Baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique 2026. Cette 4e édition a été réalisée avec l’Institut Occurrence, groupe IFOP. L’enquête a interrogé 500 entreprises françaises entre le 25 juillet et le 15 septembre 2025, dont 400 PME et 100 ETI. Elle porte sur leur rapport à la transformation numérique et sur plusieurs sujets numériques : stratégie numérique, intelligence artificielle, cybersécurité, cloud, souveraineté des données, dématérialisation et facturation électronique.

Le premier constat tient dans un écart entre le ressenti et l’organisation. D’après le baromètre, 84 % des PME se disent sereines face au numérique. Mais seules 25 % disposent d’une stratégie numérique formalisée. Un autre tiers, 33 %, indique être en cours de formalisation. Le numérique n’est donc pas seulement présenté comme une affaire d’outils. L’étude met en avant une différence entre la confiance déclarée et la manière dont les entreprises cadrent leurs choix, leurs usages et leurs projets.

La comparaison avec les ETI accentue cet écart. Dans les entreprises de taille intermédiaire interrogées, 47 % disposent déjà d’une stratégie numérique formalisée. Le baromètre relève aussi que les obstacles cités par les PME ne relèvent pas d’abord de la technologie elle-même. Les freins mentionnés sont la résistance des collaborateurs, citée par 45 % des PME, les coûts initiaux des projets, également à 45 %, la complexité de mise en œuvre, à 40 %, puis la complexité des normes et réglementations, à 36 %.

L’intelligence artificielle apparaît comme un autre sujet où l’intérêt va plus vite que les pratiques installées. Plus d’une PME sur deux, 53 %, considère l’IA comme une opportunité. En parallèle, seules 26 % déclarent en faire un usage réel. Lorsque l’IA est utilisée, les usages cités concernent surtout les grands modèles de langage et l’IA générative. Le baromètre décrit donc un sujet identifié par beaucoup de PME, mais encore loin d’être intégré dans les usages de la majorité des répondants.

La question du cadre d’usage est particulièrement nette. Neuf PME sur dix n’ont mis en place aucune règle spécifique pour encadrer l’utilisation de l’IA. Le baromètre associe cette situation au développement de pratiques d’informatique fantôme, c’est-à-dire l’utilisation d’outils ou de services qui ne sont pas validés par l’entreprise. Les enjeux cités portent alors sur le contrôle des traitements de données et la traçabilité. Dans le même temps, les répondants évaluent leur niveau de stress lié à ces sujets à 1,3 sur 5.

La cybersécurité est davantage identifiée comme une priorité. Selon le baromètre, 63 % des PME disposent d’une stratégie dédiée. À l’inverse, 37 % n’en ont aucune. Les risques cités par les PME interrogées sont le piratage, à 57 %, les virus, à 48 %, le vol de données, à 42 %, et les interruptions d’activité, à 40 %. Sur les obligations réglementaires liées à ces sujets, 53 % des PME estiment être suffisamment informées, tandis que 47 % déclarent ne pas l’être.

Le cloud continue aussi de s’installer dans les usages des PME. Le baromètre indique que 58 % d’entre elles utilisent des services cloud. Les raisons citées sont les sauvegardes, à 56 %, la facilité d’accès aux données, à 52 %, la mobilité, à 46 %, et la collaboration, à 45 %. Ces usages renvoient à des besoins très concrets : accéder à des fichiers, les partager, les sauvegarder ou les consulter à distance. Le baromètre ne limite pas ces usages à un secteur d’activité particulier.

Les inquiétudes autour du cloud portent surtout sur les données et la relation au prestataire. Les PME citent la sécurité des données, à 49 %, leur confidentialité, à 48 %, et la dépendance vis-à-vis du prestataire, à 47 %. Parmi les entreprises qui utilisent déjà le cloud, la dépendance aux fournisseurs constitue le principal frein, à 51 %. Les critères liés à l’hébergement progressent aussi dans les réponses : 38 % citent la localisation des données en France et 31 % évoquent les enjeux de souveraineté.

La facturation électronique est un autre sujet largement repéré par les PME interrogées. Selon le baromètre, 75 % en ont connaissance et 56 % en font une priorité. Mais leur niveau moyen de préparation est évalué à 2,4 sur 5. Là encore, le baromètre met en avant un décalage entre l’identification du sujet et l’avancement déclaré. Pour les PME, ces résultats rassemblent plusieurs chantiers numériques qui touchent à l’organisation interne, aux outils utilisés, à la circulation des données et aux échanges administratifs.

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Sources

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