La Fédération des entreprises d’insertion publie son troisième baromètre trimestriel sur la confiance des dirigeants d’entreprises d’insertion, rapporte Localtis. Le constat présenté reste proche du trimestre précédent : les indicateurs sont décrits comme stables, mais le niveau d’inquiétude demeure élevé dans les structures interrogées. Le sujet touche aussi la commande publique, mentionnée parmi les demandes de la fédération aux pouvoirs publics.
Dans ce baromètre, 73% des dirigeants d’entreprises d’insertion interrogés se disent préoccupés par l’avenir de leur structure. Cette proportion atteint 78% pour les entreprises de taille intermédiaire citées dans l’enquête, avec un chiffre d’affaires compris entre 1 et 2 millions d’euros. Autre indicateur : 53% des répondants estiment que la situation économique de leur entreprise s’est dégradée, dans la continuité du baromètre précédent.
La perception de la conjoncture reste négative, même si un chiffre recule. La part des dirigeants qui anticipent un effet défavorable de la situation économique sur leur activité passe de 71% à 65%. Localtis précise toutefois que cette baisse ne s’accompagne pas, dans les réponses, d’une amélioration nette du climat économique. Les dirigeants interrogés disent aussi redouter une diminution de leurs carnets de commande et une baisse des conventionnements.
Face à cette situation, la Fédération des entreprises d’insertion formule plusieurs demandes. Elle appelle au maintien, dans chaque département, du budget d’aides aux postes pour les entreprises d’insertion et les entreprises de travail temporaire d’insertion au niveau de 2024. Elle demande aussi que le financement de la formation des salariés en insertion soit garanti tout au long de l’année, en présentant cette formation comme un levier pour les parcours vers un emploi durable.
La fédération met également en avant certaines filières qu’elle considère fragilisées par le contexte économique. Elle cite le nettoyage et la propreté, le bâtiment et l’économie circulaire. Pour ces secteurs, elle demande un soutien et souhaite que les clauses sociales dans l’achat public soient davantage favorisées et encadrées. Dans son analyse, le fait de favoriser et d’encadrer ces clauses est présenté comme une condition nécessaire pour que les ETI puissent tirer leur épingle du jeu.
La commande publique occupe une place particulière dans cette alerte. Fin février, à l’approche des élections municipales, la Fédération des entreprises d’insertion avait interpellé les futurs élus sur son poids en France, évalué à 32 milliards d’euros par an. D’après la fédération, près d’un tiers de ce montant correspond aux achats publics des communes et des intercommunalités. Elle met en avant l’effet possible de ces achats sur l’emploi local et l’inclusion.
La loi Climat et résilience de 2021 est aussi citée dans ce contexte. Selon la Fédération des entreprises d’insertion, elle a introduit, pour les plus grandes collectivités, des schémas de promotion des achats socialement et écologiquement responsables, les Spaser. Cinq ans après l’adoption de la loi, la fédération observe que neuf collectivités sur dix ont adopté formellement un tel schéma. Elle juge cependant que leur application concrète varie fortement selon les territoires.
Localtis rapporte aussi un point de droit relevé par la fédération : la loi ne prévoit pas de contrôle ni de sanction en cas de non-respect de ces dispositions. Pour la Fédération des entreprises d’insertion, cette situation explique des écarts entre territoires. Selon les cas, la commande publique peut servir d’appui à l’insertion ou rester au stade d’une formalité administrative. La fédération insiste donc sur la manière dont les collectivités traduisent ces schémas dans leurs achats.
La Fédération des entreprises d’insertion cite enfin plusieurs exemples territoriaux, surtout dans l’ouest de la France. À Angers et Angers Loire métropole, 228.000 heures de travail en insertion ont été comptabilisées en 2023 pour des personnes en parcours d’accompagnement. À Nantes, 982.712 heures d’activité en insertion ont été recensées en 2024, au bénéfice d’environ 2.000 personnes. À Rennes, le nombre d’heures de travail en insertion a augmenté de 225% depuis 2018.
Sources
- Localtis — Commande publique, 17 mars 2026 — Les entreprises d’insertion plus dépendantes que jamais de la commande publique ↗
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