L’Alliance du Fabriqué en France poursuit ses travaux autour de trois chantiers : la formation, l’achat public et la mobilisation de l’épargne populaire. D’après Localtis, cette alliance a été lancée le 28 janvier 2026 et se présente comme un outil d’appui aux initiatives déjà engagées dans les territoires. Les 3es Rencontres du Made in France se tiennent à Marseille le 11 juin, dans ce contexte de mise en avant du fabriqué en France.
Le principe affiché par l’alliance n’est pas de créer un dispositif national supplémentaire, mais de repérer des expériences locales et de les diffuser. Olivier Lluansi, membre fondateur de l’Alliance du Fabriqué en France, explique à Localtis que le développement industriel fondé sur le fabriqué en France suppose de l’anticipation et un travail commun entre syndicats, organisations patronales, entreprises et élus. L’alliance se donne ainsi un rôle de facilitateur autour de pratiques observées sur le terrain.
Premier axe : la formation et les compétences dans les territoires. Le sujet est traité sous l’angle des besoins des entreprises industrielles. Localtis indique que l’alliance a déjà recensé dix initiatives, qui font l’objet d’un examen approfondi.
Parmi les territoires étudiés figure le bassin industriel de Lacq-Pau-Tarbes. Olivier Lluansi rappelle qu’il comptait environ 9.000 emplois salariés il y a dix ans, liés à l’exploitation du gaz, et qu’il conserve aujourd’hui un niveau d’emploi comparable, voire supérieur, mais dans d’autres activités industrielles. Localtis cite notamment les énergies renouvelables et la chimie verte. Le territoire est aussi associé au plan national de résilience consacré aux terres rares et aux aimants permanents, lancé sur le site de la future usine Caremag.
Deuxième axe : la commande publique. L’alliance lance un baromètre régionalisé du fabriqué en France, construit à partir de données mesurables et fiables par région. Ce baromètre sera au centre d’un tour des régions mené par les membres de l’alliance. Localtis rappelle aussi une estimation issue du rapport sénatorial Fabriqué en France : la compétitivité patriotique : si 25% des marchés publics étaient réservés aux produits français, cela représenterait 50 milliards d’euros par an d’achat français.
Dans ce domaine, l’alliance regarde de près la Bretagne. La région mène depuis plusieurs années une démarche de relocalisation des achats publics, mais aussi des achats des entreprises du territoire. Cette démarche est portée notamment par Loïc Hénaff, conseiller régional délégué à la relocalisation d’activités, au fret et à la logistique. L’agence économique régionale Bretagne Développement Innovation a mis en place un indice breton de l’achat local. L’alliance prévoit d’auditionner les acteurs bretons pour se forger une analyse.
L’achat public est aussi abordé à travers le plan d’achats français Armée, conduit par le Commissariat général des Armées. L’alliance prévoit d’en faire l’analyse. Elle soutient également le principe d’une réunion annuelle des acheteurs publics, déjà acté selon Localtis. L’objectif annoncé est de faire circuler les retours d’expérience et les bonnes pratiques entre acheteurs concernés par ces sujets.
Troisième axe : l’épargne populaire. L’alliance soutient l’initiative portée par la CFE-CGC de Belfort, à l’origine de Sélection Vega Industrie France, un fonds qui dirige l’épargne salariale vers l’investissement industriel français. Cette initiative a été lancée à l’automne 2025 lors du salon Made in France. Olivier Lluansi évoque aussi un potentiel de 6.600 milliards d’euros d’épargne à mobiliser, tout en indiquant que plusieurs dossiers avancent difficilement.
D’autres pistes sont citées : un projet de fonds souverain France Impulsion Emploi, porté par plusieurs organisations patronales et syndicales, ainsi que des initiatives régionales en Bretagne, en Occitanie avec la plateforme Epargne Occitanie, dans les Hauts-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes, où un fonds souverain est ouvert à l’épargne des habitants. L’alliance entend regarder ces projets de plus près afin d’identifier ceux qui pourraient relever de pratiques reproductibles.
Sources
- Localtis — Commande publique, 9 juin 2026 — Formation, achat public et épargne populaire : les trois chantiers prioritaires de la nouvelle Alliance du Fabriqué en France ↗
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