Le secrétariat général à la planification écologique a présenté, lors de la troisième conférence des métiers et des compétences organisée par France Stratégie, l’avancement de son travail sur les formations liées à la transition écologique. L’enjeu porte sur l’adéquation entre les besoins de l’économie, les formations existantes et les territoires. Localtis rapporte que le SGPE évalue à 2,8 millions le nombre de personnes à former d’ici 2030, en intégrant à la fois les besoins de décarbonation et le renouvellement générationnel.
Le sujet n’est pas seulement une question de volume de places de formation. Frédérik Jobert, secrétaire général adjoint à la planification écologique, explique que l’addition globale peut donner l’impression que les moyens sont là, mais que les écarts apparaissent ensuite par secteur, par territoire et dans l’orientation des personnes vers ces parcours. Le SGPE travaille aussi à harmoniser les catégories utilisées entre ministères, afin que les métiers concernés par la transition écologique soient décrits avec les mêmes repères.
La déclinaison territoriale passe notamment par les Cop régionales consacrées à la transition écologique et énergétique. Le SGPE indique avoir reçu la quasi-totalité des feuilles de route issues de cette concertation. Le Grand Est a officialisé la sienne en septembre. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le cadre général porte sur une économie de 6 millions de tonnes de CO2 d’ici 2030, avec un travail en cours sur l’emploi.
Dans cette région, Didier Mamis, secrétaire général aux affaires régionales, cite le bassin industriel de Fos-Berre, où dix mille créations d’emplois sont envisagées, notamment dans le photovoltaïque et l’éolien en mer. L’objectif présenté est de rapprocher des besoins plus précis et quantifiés avec l’appareil de formation initiale et continue. Les fonds de l’AMI Compétences et métiers d’avenir de France 2030 et le Fonds de transition juste sont cités comme pouvant soutenir ces investissements.
France Travail intervient aussi sur la description des métiers. La refonte de son répertoire opérationnel des métiers et des emplois vise à ajouter, aux fiches métiers, des compétences de base et des compétences complémentaires. Localtis indique que 3.000 fiches seront disponibles d’ici 2025, en intégrant les métiers verts et les métiers dits verdissants.
Un autre outil, l’Observatoire emploi compétences 4.0, construit avec le réseau des Carif-Oref, est annoncé pour 2025. D’après Charline Nicolas, directrice générale adjointe de la stratégie de France Travail, il permettra aux décideurs, aux organismes de formation et aux entreprises de visualiser ensemble des données sur le marché du travail, l’offre de formation et l’économie. L’outil est présenté comme dépassant les seules limites administratives régionales.
La Dares développe également deux outils. Le premier suit l’évolution des compétences demandées par les entreprises dans le contexte de la transition écologique. Des résultats ont été présentés pour six métiers : mécanicien, couvreur, façadier, chauffagiste, avocat et architecte. Leur lecture au niveau départemental fait apparaître de fortes différences locales dans les besoins de compétences vertes. Le second outil décrit plus finement les transitions professionnelles, afin de chiffrer et comprendre les reconversions et les viviers de main-d’œuvre.
L’État met en œuvre des plans sectoriels d’adaptation à la transition écologique dans plusieurs domaines, dont le bâtiment, l’énergie, le transport, l’agriculture, l’industrie, l’automobile, l’eau et les déchets. D’après un bilan publié en juillet 2024, plus de la moitié des emplois liés aux leviers de planification écologique sont couverts par des plans d’action. La rénovation énergétique des bâtiments fait partie de ces chantiers, avec une estimation du SGPE à 650.000 personnes à former.
Pour la rénovation énergétique des bâtiments, Localtis rapporte que le transfert du référentiel RGE dans les formations initiales est décrit par Simon Huffeteau, coordinateur du plan de rénovation énergétique des bâtiments, comme un chantier qui prend du temps. La priorité évoquée à ce stade porte sur la structuration de la filière, afin de rapprocher l’offre disponible de la demande des ménages.
Sources
- Localtis — Efficacité énergétique, 16 octobre 2024 — Transition écologique : comment le SGPE veut adapter l’offre aux besoins de formation ↗
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