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Rénovation énergétique des logements : la Cour des comptes européenne critique le ciblage des fonds

La Cour des comptes européenne estime que les financements de la FRR consacrés aux logements privés ne visent pas assez les rénovations avec les plus fortes économies d’énergie.

Localtis rapporte, le 7 juillet 2026, les constats de la Cour des comptes européenne sur l’usage de la facilité pour la reprise et la résilience, la FRR. Cet outil, présenté comme le principal volet du plan de relance post-covid de l’Union européenne, finance notamment des rénovations énergétiques dans les logements privés. Le montant prévu par les États membres dépasse 43 milliards d’euros, soit 8% de l’enveloppe totale de la FRR.

Le sujet n’est donc pas seulement celui du volume d’argent mobilisé. La Cour s’intéresse à la manière dont ces crédits sont orientés. Les logements représentaient 26% de la consommation d’énergie de l’Union européenne en 2023, et les deux tiers de l’énergie utilisée dans ces logements provenaient encore de combustibles fossiles. Dans ce contexte, l’institution juge que les mesures retenues aboutissent à des économies d’énergie seulement modérées.

Le cœur de la critique porte sur le ciblage. Pour la Cour, les financements européens auraient vocation à aller vers les opérations offrant les réductions de consommation les plus fortes. Or Nikolaos Milionis, responsable de l’audit, estime que les fonds de la FRR ont trop souvent été dirigés vers les projets où l’argent était le plus simple à engager, plutôt que vers ceux où l’effet sur la consommation aurait été le plus élevé.

La Cour relève aussi que la rénovation lourde occupe une place limitée dans les critères examinés. Elle définit ici cette rénovation lourde comme une opération générant plus de 60% d’économies d’énergie. D’après le constat rapporté par Localtis, seule la Roumanie a fait explicitement référence à cette nécessité dans les critères d’une de ses actions. La FRR ne posait pas elle-même cette condition.

Les montants classés par niveau d’économie d’énergie donnent une autre lecture du dispositif. La Cour estime que 36,3 milliards d’euros ont été accordés à des rénovations de moyenne ampleur, c’est-à-dire générant entre 30% et 60% d’économies d’énergie. Sur ce total, 10% concernent la France. Ces projets restent donc dans une catégorie intermédiaire au regard de la définition retenue pour les rénovations lourdes.

Un autre bloc de financement est pointé : 7,1 milliards d’euros ont été accordés sans exigence d’économie d’énergie minimale. Ce constat pèse dans l’appréciation générale de la Cour sur la FRR. Localtis rappelle qu’elle relativise ainsi l’idée d’un instrument fondé sur la performance, car une partie des financements n’était pas liée à un seuil minimal d’économies.

La critique s’inscrit dans une observation plus large de la Cour sur le fonctionnement de la FRR. Elle avait déjà considéré que ce mécanisme regardait davantage l’avancement des actions que leurs résultats. Dans le cas des logements privés, cela revient à distinguer deux logiques : suivre le déploiement des mesures financées, ou mesurer les économies d’énergie effectivement visées par les travaux.

Localtis ne rapporte pas ici une nouvelle règle applicable aux chantiers ni une modification de démarche pour demander une aide. Le fait à retenir est le diagnostic de la Cour des comptes européenne : une enveloppe européenne de plus de 43 milliards d’euros est prévue pour les rénovations énergétiques des logements privés, mais l’institution estime que son orientation ne cible pas assez les projets au plus fort potentiel d’économies d’énergie.

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